Un «dépôt national» de manuscrits

Si le nom Manuscrit Dépôt a été abandonné au profit de Fondation littéraire Fleur de Lys, il n’en demeure pas moins que le nom original reflétait un aspect important du projet : créer un dépôt national de manuscrits en ligne sur Internet consultable par les éditeurs traditionnels. L’article publié dans LE JOURNAL DE MONTRÉAL sous le titre Manuscrits en ligne témoigne de ce projet.

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Nous voulions que les auteurs optent pour ce Dépôt national de manuscrits au lieu d’avoir à soumettre leurs œuvres à un éditeur traditionnel après l’autre jusqu’à temps qu’ils réussissent à intéresser l’un d’entre-eux.

Cette démarche auprès des éditeurs traditionnels est coûteuse et souvent ardue. Chaque éditeur ayant ses propres normes de présentation de manuscrits, l’auteur doit souvent revoir la mise en page de son manuscrit à chaque fois qu’il propose son œuvre à un éditeur. Et c’est sans compter les coûts de l’impression de ce manuscrit, souvent en deux ou trois exemplaires, et l’obligation de débourser une somme d’argent s’il veut récupérer ces versions imprimées dans le cas d’un refus. Un Dépôt national des manuscrits accessible sur Internet, avec un mot de passe pour chaque éditeur, venait résoudre les problèmes de démarchage des auteurs.

Plus encore, ce Dépôt national des manuscrit se voulait un moyen de préserver le patrimoine littéraire Québécois. À la suite d’un refus ou de plusieurs refus, l’auteur remise son manuscrit, l’oublie, le perd,…

Je demeure toujours convaincu aujourd’hui, dix ans plus tard, que le patrimoine littéraire d’un peuple ne saurait se limiter aux seules œuvres éditées par ses éditeurs traditionnels. Car, dans la logique des statistiques, les éditeurs traditionnels refusant plus de 90% des manuscrits soumis à leur attention, notre patrimoine littéraire officiel, celui conservé dans nos bibliothèques nationales, ne représente que 10% des écrits de nos auteurs. Peut-on soutenir que ces 10% représentent adéquatement tous les écrits ? Non, car les critères de sélection des éditeurs traditionnels subissent encore et toujours l’influence des lois du marché du livre. Bref, avec des critères de sélections de plus en plus commerciaux, les catalogues de nos éditeurs ne peuvent pas représenter l’ensemble de notre patrimoine littéraire.

J’ai illustré à nombreuses reprises cette situation en me référant à notre patrimoine photographique. En effet, ce ne sont pas les photographies officielles des différentes époques de notre passé qui suscitent aujourd’hui le plus grand intérêt des historiens mais plutôt les photographies prises par les amateurs, celles souvent mal cadrées et tachées d’acide, bref les photographies authentiques. Si nous avions conservé uniquement les photographies officielles, nous aurions un portrait très incomplet des différentes époques de notre histoire.

Il en va de même avec le patrimoine littéraire. Je suis d’avis que les manuscrits qui dorment dans les fonds des tiroirs à la suite de refus des éditeurs complètent avantageusement la réalité de notre patrimoine littéraire.

Malheureusement, les éditeurs traditionnels ne se sont pas montrés intéressés par un tel Dépôt nationale de manuscrits.

Télécharger notre Revue de presse (PDF)

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

Courriel : serge-andre-guay@manuscritdepot.com

Téléphone : 418-903-1911

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Publié dans Souvenir de presse
One comment on “Un «dépôt national» de manuscrits
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