Les colonnes du temple ébranlées

Étude sur l’Internet littéraire québécois en juillet 2007

Le 15 juin 2007, je lis un article quotidien français Le Monde intitulé «Les sites de promotion de livres se diversifient et s’enrichissent». Je décide de dresser un portrait de l’Internet littéraire québécois qui ébranlera les colonnes du temple.

Le 30 juillet , l’éditorialiste Robert Fleury du quotidien de la capitale nationale, Le Soleil, fait honneur à la Fondation littéraire Fleur de Lys en publiant dans l’édition en ligne du journal un résumé de notre étude au sujet de l’internet littéraire québécois.

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L’Internet littéraire québécois, une vraie honte !

Le lundi 30 juillet 2007

LE SOLEIL – ANALYSE
L’internet littéraire québécois, une vraie honte!
Serge-André Guay
Président de la Fondation littéraire Fleur de Lys

Un article paru le 15 Juin dernier dans quotidien Le Monde sous le titre «Les sites de promotion de livres se diversifient et s’enrichissent» nous a incité à dresser un portrait de la situation au Québec. Voici les faits saillants de notre étude au sujet de l’internet littéraire québécois.

  • Plus de 40 éditeurs ont un site Internet sans aucun mot-clé, pas même les noms de leurs auteurs et les titres de leurs livres. L’absence de mots-clés est une véritable catastrophe parce que les moteurs de recherche tels Google et Yahoo se basent essentiellement sur les mots-clés d’une page web pour la référer aux internautes. Par exemple, la page du dernier livre de Suzanne Jacob, qui ne compte aucun mot clé, est la 68e référence de la recherche avec le nom de l’auteur sur Google. La plupart des internautes se limitent au 10 premières références.
  • Seulement 6% des membres de l’Union des Écrivaines et des Écrivains Québécois ont un site Internet déclaré à leur association. Cette absence des auteurs sur Internet s’explique par leur habitude de s’en remettre aux éditeurs pour promouvoir leurs livres et communiquer avec les lecteurs. Or, à l’ère d’Internet, les lecteurs s’attendent à une communication directe avec l’auteur, par le biais d’un site personnel ou d’un blogue.
  • Plusieurs noms de domaine (URLs) d’auteurs québécois reconnus n’ont toujours pas été enregistrés et ainsi protégés de la fraude dont suzannejacob.com, denisebombardier.com, marie-laberge.com et gilles-vigneault.com. N »importe qui peut se porter acquéreur de ces URLs et les détourner à son profit. C’est le cas de micheltremblay.com et emilenelligan.com qui conduisent à des sites commerciaux unilingues anglais exploitant la popularité de ces auteurs.
  • Certains noms de domaine d’auteurs ont bel et bien été enregistrés, mais leurs sites Internet se font toujours attendre. C’est le cas de «marielaberge.com» enregistré il y a quatre ans, mais encore et toujours en construction.
  • L’ILE, l’infocentre littéraire des écrivains québécois géré par l’UNEQ qui se vante d’être «Un site complet, unique en son genre», comprend en réalité seulement 1067 écrivains, triés sur le volet. Entre autres, Denise Bombardier et Léon Dion n’y sont pas. Le site donne une fausse image de la littérature québécoise. Et pourtant, il est subventionné par nos gouvernements!
  • Le «Portail du livre au Québec» géré par le magazine Le Libraire fait la promotion d’auteurs étrangers à même nos taxes et nos impôts. Le 19 juin dernier, «À la une» de ce «Portail du livre au Québec», 10 auteurs étrangers et… 2 auteurs québécois. Et dans la section «Liens / Sites d’auteurs», on retrouve un lien vers le site de l’auteur des célèbres Harry Potter et les sites de plusieurs auteurs français dont Jacques Attali, Jacques Salomé, Marc Lévy, etc., comme si ces derniers avaient besoin de notre aide. Une fois de plus, c’est avec l’argent des contribuables québécois que se fait cette promotion d’auteurs étrangers au détriment d’auteurs québécois sur Internet.
  • Mises à jour déficientes de plusieurs sites Internet de grande importance. Par exemple, au moment de l’étude, sur le site de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), la dernière actualité et le dernier événement littéraire en lice remontaient à plus d’un an. Et l’agenda du site de l’Association des libraires du Québec ne comptait qu’une seule activité pour le mois en cours et aucune à venir… jusqu’en avril 2008. En pareil cas, il vaut mieux éliminer la section plutôt que de donner l’impression qu’il ne s’est rien passé, qu’il ne se passe rien et qu’il ne se passera rien car l’image de la vitalité du monde québécois du livre en prend pour son rhume aux yeux des internautes.
  • Avant même de bien servir son propre territoire, l’Internet littéraire québécois s’internationalise. Le «Guide Livres» de La Toile du Québec est un bel exemple avec ses liens tout azimuts. L’effort est plus que louable. Mais dans la section «Actualité littéraire», il n’y a aucune distinction entre les sites québécois et étrangers. Dans le contexte où le nombre de magazines littéraires québécois est très limité, il va de soi, non seulement d’en encourager leur lecture, à tous le moins de les identifier comme québécois, mais aussi et surtout d’en n’oublier aucun. Or, au moins quatre magazines québécois (Lettres québécoises, Alibis, Solaris, lurelu) ne sont pas de la liste tandis qu’on retrouve le New York Times, January Magazine et les sites français Livresse, KaFkaïens Magazine, Magazine littéraire et Lire.
  • Le ministère québécois de la Culture et des Communications parle du «Livre et de la lecture» uniquement en termes d’«industrie», de «production» et de «marché local» sur son site Internet. Il donne ainsi donne une vision très restreinte du monde du livre au Québec et confirme, au monde entier, qu’il n’accorde d’importance à la culture que sous son aspect industriel et économique. Il en va de même sur le portail international du gouvernement du Québec.
  • Absence de portail culturel québécois sur Internet — site Web dont la page d’accueil propose, en plus d’un moteur de recherche, des hyperliens avec une foule d’informations et de services utiles et attrayants, qui est conçu pour guider les internautes et faciliter leur accès au réseau/Office québécois de la langue française. Les gouvernements de la France et du Canada ont leur portail culturel avec une section dédiée au livre. Malheureusement, l’internaute ne peut pas se fier au portail culturel du Canada, car il y aurait au Québec seulement 14 sites Internet littéraires et seulement deux salons du livre. Cette fausse image en partie financée par les contribuables québécois.

Bref, non seulement l’internet littéraire québécois affiche un retard honteux mais il offre une fausse image de la littérature d’ici, souvent à même nos taxes et impôts, sans compter que les efforts déployés ne répondent même pas aux attentes les plus élémentaires du Web.

L’étude complète est accessible au site suivant :

http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/dossiers.01.htm

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ÉTUDE ORIGINALE

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L’Internet littéraire québécois, une vraie honte !

Juin 2007

Sommaire

  • Introduction
  • Les sites Internet des éditeurs québécois
  • La présence des auteurs québécois sur Internet
  • «Notre» banque de données littéraires en ligne
  • Notre «Portail du livre au Québec»
  • L’Internet littéraire québécois… international
  • Le défaut de fidélisation
  • Le livre québécois sur le site Internet du Ministère de la culture et des communications
  • L’Internet littéraire et la culture québécoise encore et toujours sans portail
  • Le gouvernement du Québec fait mal paraître la littérature québécoise dans son portail international
  • Communiqués de presse
  • Suivi de presse sur Internet

Introduction

Le Monde, 15 Juin 2007

«Si le marketing littéraire sur Internet n’a rien de nouveau aux États-Unis, en France le milieu littéraire s’est longtemps montré timide sur ce terrain. Se servir de la Toile pour manifester sa présence, faire découvrir son univers et sa production n’a pourtant rien de déshonorant. Surtout lorsque les auteurs animent et tiennent à jour eux-mêmes leur site ou leur blog, et qu’ils prennent plaisir à le faire. Plus qu’un simple outil de promotion, Internet peut leur permettre d’échanger avec leurs lecteurs, d’exprimer leur point de vue sur des sujets d’actualité ou de faire partager leurs coups de cœur.»

Source : Les sites de promotion de livres se diversifient et s’enrichissent, Le Monde, 15 juin 2007. Version PDF de cet article

Qu’en est-il au Québec ?

Les sites Internet des éditeurs québécois

Notre retard nous place à des années lumière de ce qui se passe aux États-Unis et en France. Si plusieurs éditeurs québécois se sont dotés de sites Internet, leurs méconnaissances du fonctionnement des moteurs de recherche (Google, Yahoo,…) ne permet pas un marketing efficace.

Par exemple, plusieurs pages des sites Internet de nos éditeurs ne contiennent aucun mot-clé, même pas le nom de l’auteur et le titre du livre. Or, les moteurs de recherche fonctionnent principalement par mots-clés pour répondre aux requêtes des internautes. Si vous entrez le nom de votre auteur préféré dans la case de recherche sur Google ou un autre moteur de recherche, ce dernier vous fournira la liste de toutes les pages web qui contiennent ce nom.

Ci-dessous, nous avons entré le nom d’un auteur édité par la fondation «Fernand Couturier» dans la case de recherche Google:

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 Puis, nous avons cliqué sur le bouton «Rechercher» pour obtenir les résultats suivants :

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Les deux premières pages listées dans les résultats de recherche sont celles de l’auteur et de ses deux livres édités par la fondation :

Mots de Noël, poèmes et prose, Fernand Couturier, Fondation …

Fernand Couturier se fera un grand plaisir de lire. et de répondre personnellement à vos courriels. Voici son adresse électronique : f.couturier@sympatico. …

manuscritdepot.com/a.fernand-couturier.2.html – 175k – En cache – Pages similaires

Un peuple et sa langue, essai de philosophie du langage et de l …

UN PEUPLE ET SA LANGUE – ESSAI – FERNAND COUTURIER. Édition Fondation littéraire Fleur de Lys, 484 pages. Pourquoi un autre livre sur la situation …

manuscritdepot.com/a.fernand-couturier.1.html – 246k – En cache – Pages similaires

Voici maintenant les mots-clés que j’ai inscrits sur la page du premier livre de Monsieur Couturier, Mots de Noël : Fernand Couturier, Mots de Noël, poèmes et prose, philosophie, Martin Heidegger, pouvoir des mots, langage, Fondation littéraire Fleur de Lys.

On peut voir si une page web contient des mots-clés et lesquels en cliquant sur cette page (évitez de cliquer sur des images) avec le bouton droit de la souris, option «Informations sur la page». Voici les informations sur la page de Monsieur Couturier (voir la bande bleue «keywords» ou mots-clés) :

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On voit les mots-clés inscrits sur la page et qui ont facilité ma recherche sur Google. Car des «Fernand Couturier» il y en a sûrement des dizaines et des dizaines sur Internet. En fait, Google nous indique qu’il y a «un total d’environ 108 000» pages où se retrouvent le nom «Fernand Couturier». Alors, pourquoi les deux pages de cet auteur sur notre site sont-elles dans les premiers résultats de recherche plutôt qu’à la fin ou au milieu ? Principalement en raison des mots-clés inscrits dans ces deux pages, mots-clés incluant le nom de l’auteur, le titre du livre, le genre littéraire, le nom de l’éditeur et d’autres mots associés au sujet du livre.

Nous ne sommes pas des experts en conception de sites Internet. Nous avons suivi tout simplement le conseil de Google aux webmestres (voir ci-dessous).

Conseils aux webmasters

Conseils concernant la conception et le contenu

Essayez d’imaginer les termes que les internautes sont susceptibles d’utiliser pour trouver votre site et insérez-les dans vos pages.

Source

Un conseil repris par la plupart des experts (voir ci-dessous).

L’optimisation du référencement de votre site nécessite de commencer par une étape indispensable : définir une liste de mots-clés ou expressions stratégiques (une expression est constituée de plusieurs mots-clés).

En effet le but du référencement est d’améliorer la position de votre site dans les moteurs de recherche. Ceux-ci fonctionnant principalement par mots-clés, vous devez réfléchir aux mots ou expressions qui caractérisent votre site.

Source

Bref, la présence de mots-clés sur une page web est cruciale si l’on veut que les moteurs de recherche proposent notre site aux internautes. Malheureusement, comme je l’écrivais ci-dessus, plusieurs pages des sites Internet de nos éditeurs ne contiennent aucun mot-clé, même pas le nom de l’auteur et le titre du livre.

C’est le cas des pages du site de Éditions Les 400 coups. Sur la page de la nouveauté Le bal des humains de Suzanne Jacob, il n’y a aucun mot-clé, comme le démontre le tableau «Informations sur la page» (on obtient ce tableau en cliquant sur une page web avec le bouton droit de la souris et en choisissant l’option «Informations sur la page») reproduit ci-dessous. À la section « Méta », sous «Content-Type», on devrait trouver «keywords» («mots-clés»).

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Voici le même tableau pour une page web avec des mots-clés. Il s’agit de la page du deuxième livre de l’auteur Pierre Bonin sur notre site :

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À l’item «keywords», on peut lire le nom de l’auteur et le titre du livre suivis de mots-clés relatifs au sujet du livre. Ces mots-clés sont d’une importance capitale pour les moteurs de recherche. Pour se maintenir à jour, ces moteurs de recherche parcourent le web, visitent chaque page Internet et repèrent les mots-clés présents. Lorsqu’un internaute inscrit l’un de ces mots-clés dans sa recherche, il obtient alors toutes les pages Internet avec ce mot-clé. Il peut y avoir des centaines voire des milliers de pages avec ce mot-clé. L’important est d’être dans les premiers résultats de la recherche car l’internaute a rarement l’habitude d’aller plus loin. Voici le résultat de la recherche avec les mots-clés du titre du livre de Pierre Bonin, «Les captifs de Rissani » :

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On voit ici que la page de ce livre est le tout premier résultat de la recherche, et ce, grâce au titre du livre placé comme mots-clés dans le code de la page. Si on regarde les 100 premiers résultats de la recherche, on voit très bien que le titre du livre a plusieurs autres références sur Internet.

Maintenant, si on reprend cette opération de recherche avec le titre du denier livre de Suzanne Jacob, « Le bal des humains », on se rend compte que la page du livre sur le site de l’éditeur vient en cinquième place et que peu de références sont faites à cette nouveauté sur Internet dans les 100 premiers résultats de la recherche. Une cinquième place, c’est très bien. Cette performance sans mot-clé est le fait du nom de l’url de la page qui comprend le titre du livre :

http://www.editions400coups.ca/livres/le-bal-des-humains

Mais il y a ici un problème de taille : le risque que ce soit une mauvaise critique qui s’affiche avant la page du livre sur le site de l’éditeur, d’où l’importance de sortir en premier. Et nous venons de voir que cette première place est le fait de mot-clés et non pas du titre du livre dans l’adresse de la page web.

Bref, les experts en marketing sur Internet diront que c’est une bonne idée de mettre le titre du livre dans l’adresse de la page mais ils dénonceront l’absence de mot-clé, notamment avec le nom de l’auteur.

La page du dernier livre de cet auteur à succès est au 68ème rang de la recherche avec son nom sur Google. Alors que l’Internet doit nous informer des dernières nouveautés relatives à un mot-clé tel le nom d’un auteur, l’éditeur omet de l’intégrer dans le code de la page de cet auteur.

Voici plus de 40 sites Internet d’éditeurs québécois sans aucun mot-clé sur leurs sites Internet pour fin de repérage de leurs auteurs, leurs titres de livres, leurs nouveautés,… par les moteurs de recherche :

Voici plus de 40 sites Internet d’éditeurs québécois sans aucun mot-clé sur leurs sites Internet pour fin de repérage de leurs auteurs, leurs titres de livres, leurs nouveautés,… par les moteurs de recherche :

  1. La Courte Échelle
  2. Fides
  3. Éditions du Septentrion
  4. Les éditions du soleil de minuit
  5. Éditions de la Pleine lune
  6. Planète rebelle
  7. Éditions Hurtubise HMH
  8. Bayard Canada livre (Éditions Banjo)
  9. Les Éditions Alire
  10. Bibliothèque québécoise
  11. Les Éditions Héritage inc.
  12. Humanistas
  13. Éditions de l’instant même
  14. Éditions MultiMondes
  15. Presses de l’Université du Québec
  16. Les Presses de l’Université Laval
  17. Éditions Sylvain Harvey
  18. Les Éditions Transcontinental inc.
  19. Ulysse
  20. Broquet inc.
  21. Les éditions Caractère Inc.
  22. Éditions Ecosociété
  23. Éditions Ganesha
  24. Groupe Chenelière Éducation
  25. Beauchemin
  26. Gaëtan Morin Éditeur
  27. Les Éditions septembre
  28. Thomson Duval
  29. Édition du Renouveau pédagogique inc. (ERPI)
  30. Éditions Pierre Tyssere
  31. Éditions de l’artichaut inc.
  32. Éditions Anne Sigier inc.
  33. Lanctôt Éditeur inc.
  34. Éditions des intouchables
  35. Éditions du Boréal ltée
  36. La Plume d’Oie
  37. Éditions Alexandre Stanké Inc.
  38. Éditions GID
  39. Éditions J’ai vu
  40. Athéna Éditions
  41. Éditions de la Pastèque
  42. Éditions SEDES Ltée
  43. Éditions ADA Inc.
  44. Les Éditions Goélette inc.

Voici au moins 10 sites Internet d’éditeurs québécois ayant des mots-clés mais aucun lié précisément à leurs nouveautés, leurs auteurs et leurs titres de livres pour fin de repérage par les moteurs de recherches :

  1. XYZ éditeur (mêmes mots-clés sur tout le site)
  2. Éditions tryptique (aucun mot-clé dans son catalogue de romans)
  3. Les Éditions David (aucun mot-clé dans son catalogue de nouveautés)
  4. Dramaturges Éditeurs (aucun mot-clé dans son catalogue)
  5. Les heures bleues inc. (aucun mot-clé dans son catalogue de nouveautés)
  6. Éditions triptyque (aucun mot-clé dans son catalogue de romans)
  7. Bertrand Dumont éditeur inc. (mêmes mots-clés sur tout le site)
  8. Les Éditions du Cram (aucun mot-clé dans le catalogue des auteurs et des publications)
  9. Éditions Saint-Martin (aucun mot-clé dans le catalogue)
  10. Éditions JCL inc. (même mots-clés sur tout le site)

On trouve même une adresse url d’un éditeur québécois qui est hameçonnée, celle de Lanctôt Éditeur détournée vers un site Internet qui n’a rien à voir avec l’édition : http://www.lanctotediteur.qc.ca/. Habituellement, il suffit de signaler le fait à Google pour que ce site soit retiré des résultats de recherche. Mais, dans ce cas précis, il n’y a visiblement aucune plainte déposée à Google.

Enfin, rares sont les éditeurs québécois qui profitent des nombreux sites spécialisés dans la diffusion gratuite de communiqués de presse et les sites spécialisés dans l’actualité littéraire pour annoncer leurs nouveautés aux internautes. En fait, l’Internet ne fait pas encore partie des listes d’envois de nos éditeurs.

Bref, un bon nombre de nos éditeurs ne sont pas à leurs affaires quand vient le temps de profiter de la visibilité qu’offre Internet pour promouvoir leurs livres et leurs auteurs. Nombreux sont ceux qui ne connaissent pas les rudiments du marketing littéraire sur Internet.

La présence des auteurs québécois sur Internet

Le marketing littéraire sur Internet est une question qui se pose uniquement lorsque l’on est présent sur la toile, ce qui n’est pas le cas de la majorité des écrivains québécois. Sur les 1389 membres de l’Union des Écrivaines et des Écrivains Québécois (UNEQ), seulement 80 ont un site Internet déclaré à leur association, soit 6%.

Il y a donc une majorité d’écrivains québécois qui n’ont pas protégé le nom de domaine de leur nom qui demeure ainsi disponible à quiconque voudrait en débourser le montant, souvent moins de 10.00$. Par exemple, c’est le cas de Suzanne Jacob dont les noms de domaine, avec ou sans trait d’union, sont toujours disponibles :

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Et il en va de même pour l’un des auteurs québécois les plus connus, Gilles Vigneault. Les noms de domaine avec son nom, avec ou sans trait d’union, sont toujours disponibles pour quiconque veut les retenir pour un site Internet :

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Remarquez ici que seul le nom de domaine «gillesvigneault.com» n’est pas disponible. Google nous indique, en anglais, que le site de cet url est en construction :

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Pour l’instant, cet url de Gilles Vigneault conduit au site Internet de son agence musicale. On y retrouve une biographie en trois paragraphes, une discographie incomplète (elle s’arrête en 1996),… Autrement dit, l’url gillesvigneault.com nous conduit à un site commercial limité à un seul aspect de sa carrière. Il n’y a rien sur Gilles Vigneault, l’auteur. Or, il y a au moins 10 ans que ce grand parmi les grands devrait avoir un site Internet d’information complet pour permettre aux nouvelles générations de le découvrir.

Quant à Michel Tremblay, un autre géant de la littérature québécoise, il semble que le nom «micheltremblay.com» a été enregistré par une entreprise de Vancouver :

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L’url micheltremblay.com ne conduit nulle part, sinon à un site qui se révèle être une simple attrape commerciale, en anglais uniquement :

http://micheltremblay.com/

On voit ici que l’url de Michel Tremblay n’a été enregistré que pour exploiter la popularité du nom sur Internet. Émile Nelligan est dans le même cas, comme nous le verrons ci-dessous.

Heureusement, un dénommé Patrick Millette de St-Jérôme au Québec a pensé enregistrer «emile-nelligan.com» pour dédier un site au plus célèbre des poètes québécois. Malheureusement, sa démarche n’était pas officielle car dans ce cas on doit enregistrer tous les noms de domaine (.ca, .net,…) et les rediriger vers le site officiel. Ainsi, un autre individu a pu enregistrer «emilenelligan.com» mais ce n’est qu’une fois de plus une simple attrape commerciale, uniquement en anglais. Ce site présente uniquement deux références à notre poète national : un lien vers les livres traitant d’Émile Nelligan dans la librairie en ligne Amazon.com et un lien vers l’Hôtel Nelligan à Montréal.

Au sujet de Marie Laberge, seul l’url «marielaberge.com» a été enregistré. Les données officielles nous apprennent que cet enregistrement a été fait en 2003:

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Mais le site demeure en construction (http://www.marielaberge.com/), quatre ans après l’enregistrement de l’url. Quant à tous les autres url avec le nom de cet auteur, ils sont toujours disponibles à quiconque veut les acheter :

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Et tous les url au nom de Denise Bombardier, avec ou sans trait d’union, sont également encore disponibles :

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«Notre» banque de données littéraires en ligne

L’internaute peut toujours se rabattre sur les banques de données en ligne. Mais elles sont toutes aussi rares et sélectives. La plus connue dans le domaine littéraire au Québec est celle de l’Union des Écrivaines et des Écrivains Québécois (UNEQ) baptisée L’ILE, l’infocentre littéraire des écrivains québécois. Il ne s’agit pas d’une banque de données que vous pouvez questionner au sujet de tous les écrivains québécois car elle est sélective. On peut y lire :

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Comment peut-on présenter cet «infocentre DES écrivains québécois» comme étant «UN SITE COMPLET» alors que «les écrivains qui y figurent ont été SOIGNEUSEMENT SÉLECTIONNÉS» ? Il faut même que l’écrivain soumette sa candidature pour espérer être ajouté à cette banque de données :

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On dit qu’il s’agit de l’infocentre des écrivains «québécois» mais tout écrivain du «Canada» peut soumettre sa candidature. Il y a de quoi tourner en bourrique les internautes d’ici et d’ailleurs !

Enfin, cette banque de données est subventionnée par les gouvernements du Québec et du Canada et le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises. Ces bailleurs de fonds publics devraient pourtant exiger que tous les écrivains québécois soient inscrits dans cette banque de données de façon à ce qu’elle reflète la réalité littéraire du Québec. L’auteur Denise Bombardier n’y est pas et plusieurs autres écrivains connus. En fait, l’infocentre littéraire comprend uniquement 1067 écrivains triés sur le volet. Or, sur Internet, on s’attend à trouver des listes et des informations exhaustives, complètes, et non pas des sélections, surtout lorsque l’initiative est subventionnée par des fonds publics.

Notre «Portail du livre au Québec»

Portail / informatique : « Site Web dont la page d’accueil propose, en plus d’un moteur de recherche, des hyperliens avec une foule d’informations et de services utiles et attrayants, qui est conçu pour guider les internautes et faciliter leur accès au réseau. » (Source : Le grand dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française)

Parlons du «Portail du livre au Québec», également subventionné par des fonds publics. Qu’est-ce que vous vous attendez à trouver dans un site qui se présente comme le «Portail du livre au Québec» ? Un lien vers le Conseil des arts et des lettres du Québec ? Il n’y en a pas. Un lien vers un site d’information sur les droits d’auteurs ? Il n’y en a pas. Un lien vers la Bibliothèque nationale du Québec ? Il n’y en a pas. Des liens vers des sites Internet d’auteurs ? Il y en a mais il ne s’agit pas uniquement de sites d’auteurs québécois même si nous sommes dans le «Portail du livre au Québec».

Par exemple, vous trouverez un lien vers le site de l’auteur britannique des célèbres Harry Potter, JK. Rowling, comme si elle avait besoin de publicité dans le «Portail du livre au Québec». Vous trouverez aussi des liens vers les sites des auteurs français Jacques Attali, Jacques Salomé, Marc Lévy, Eric-Emmanuel Schmitt, Martin Winckler, Bernard Werber, Didier Van Cauwelaert, Jean Rouaud,… Tous ces auteurs britanniques et français se retrouvent en vedette dans la section «Sites d’auteurs» du «Portail du livre au Québec», une véritable aberration, et ce, avec l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entreprise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIÉ) pour ce projet, du Conseil des arts du Canada et de la Société de développement des entreprises culturel du Québec (SODEC).

Mais il n’y a pas de quoi se surprendre car ce «Portail du livre au Québec» n’est en fait que le site Internet du journal Le Libraire dont l’intérêt est de promouvoir la vente de livres dans les librairies québécoises. Ainsi, dans le «Portail du livre au Québec», qu’importe la nationalité de l’auteur, pourvu que ses œuvres se vendent.

Dans ce contexte, pourquoi s’être approprié le titre de «Portail du livre AU QUÉBEC» ? Parce qu’on ne pouvait pas utiliser le sous-titre «Portail du LIVRE QUÉBÉCOIS», ce n’était pas le but. Quand la culture est gérée uniquement sous son aspect économique, le pays d’origine de ce qui se vend dans nos librairies importe peu car seul le profit compte, même si cela se fait au détriment du livre québécois.

On croit peut-être que la publicité d’auteurs étrangers reconnus dans ce soi-disant portail attirera une foule de visiteurs qui auront alors l’occasion de découvrir les auteurs québécois. Mais ces derniers n’y sont même pas identifiés comme québécois !

Aujourd’hui le 19 Juin 2007, «À la une» dans le «Portail du livre au Québec», 10 auteurs étrangers et… 2 auteurs québécois. Que voulez-vous, c’est la littérature étrangère qui se vend le plus.

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L’Internet littéraire québécois… international

Il faut être ouvert au monde, diront certains. Certes mais encore faut-il pouvoir distinguer ce qui vient d’ici et d’ailleurs. Dans le Guide Livres de La Toile du Québec, on retrouve des liens tout azimuts.

Dans la section «Actualité littéraire», on trouve des liens vers Livresse, January Magazine, KaFkaïens Magazine, Nuit Blanche, Magazine littéraire, The New York Times, Lire et un lien vers le site «Culture Showbiz» de Canoë Divertissement. C’est très bien. Mais saviez-vous que le magazine Nuit Blanche est un magazine littéraire québécois ? Qu’il y a aussi un autre magazine littéraire québécois connu sous le nom Lettres québécoises (a fermé ses portes en 2013) ? Et connaissez-vous la revue Alibis, la première revue québécoise entièrement consacrée à la littérature policière, au mystère, au noir et au thriller ? Connaissez-vous la revue Solaris, la plus ancienne revue de littérature fantastique et de science-fiction en français dans le monde fondée en 1974, à Longueuil (Québec), par Norbert Spehner ? Connaissez-vous la revue lurelu, la seule revue québécoise exclusivement consacrée à la littérature jeunesse ? Et la revue… ?

On ne peut pas reprocher à La Toile du Québec ou Canoë, propriété d’une entreprise privée, de ne pas lister tous les magazines littéraires québécois dans leurs sites. À titre d’entreprise privée, les gestionnaires sont entièrement libres de choisir les liens à afficher dans les guides de leurs sites Internet.

Cependant, la situation générale nous démontre clairement le besoin d’une politique concertée pour développer notre marketing littéraire sur l’Internet. Car l’image actuelle donne l’impression que le monde littéraire québécois est si restreint qu’il n’y a pas de quoi afficher une page complète de liens littéraires sans avoir recours à des liens vers la France, les États-Unis, la Grande Bretagne, ou ailleurs dans le monde.

Le défaut de fidélisation

Aujourd’hui, le 19 Juin 2007, la dernière actualité publiée sur le site de l’Association des libraires du Québec (ALQ) date de plus d’un mois, plus précisément, du 14 Mai dernier. Faut-il croire que rien ne s’est passé dans le monde littéraire québécois qui soit digne de mention par cette association sur son site Internet depuis plus d’un mois ? Que le responsable du site n’a pas eu le temps de le mettre à jour ? Chose certaine, sur Internet, il vaut mieux ne pas publier d’actualités si on ne la renouvelle pas au moins à chaque semaine car on donne ainsi une très mauvaise impression aux internautes. Il en va de même d’un agenda. En date d’aujourd’hui, celui du site de l’Association des libraires du Québec ne compte qu’une seule activité pour le mois en cours et aucune à venir, jusqu’en avril 2008. Voilà de quoi laisser perplexe tout internaute face au monde littéraire de l’Association des libraires du Québec. Il n’y a pas même un seul salon du livre au programme ! Et sur le site de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), la dernière actualité et le dernier événement littéraire en liste remontent à plus d’un an, respectivement à Mai 2006 et Novembre 2005. Voilà une fois de plus de quoi laisser perplexe l’internaute au sujet de la vie associative des éditeurs et des libraires québécois.

Un site Internet dont l’information n’est pas renouvelée et/ou mise à jour au moins une fois la semaine ne parvient pas réellement à fidéliser les internautes. La principale conséquence est le désintéressement. Or, n’est-ce pas très précisément le contraire que recherche le milieu littéraire québécois en affirmant qu’il faut intéresser davantage les lecteurs ? Or, 32% des Québécois soutiennent utiliser l’Internet pour s’informer au sujet d’événements culturels, selon le dernier recueil de statistiques La pratique culturelle au Québec (chapitre 8) publié en 2004 par le gouvernement du Québec. Il est fort à parier que le site de l’Association des libraires du Québec et celui de l’Association nationale des éditeurs de livres procurent une grande déception aux internautes et que ces sites ne sont pas parmi ses favoris.

Le livre québécois sur le site Internet du Ministère de la culture et des communications

Voici la liste du contenu se rapportant à la lecture et au livre sur le site Internet du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec:

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Dans le «Rôle du Ministère», on peut lire que ce dernier a la responsabilité «de soutenir le livre et la lecture». Or, on ne peut pas dire que le ministère profite de son site Internet pour remplir sa mission. Le site est essentiellement administratif. On n’y trouve aucun nom d’auteurs québécois, pas même ceux qui ont marqué notre histoire littéraire.

Le «Panorama du secteur» donne une vision très restreinte du monde du livre au Québec. À la suite de la présentation de la «La Politique de la lecture et du livre», on nous donne ce portrait de l’édition québécoise :

L’édition

L’édition de livres est la plus ancienne des industries culturelles québécoises. Apparue au cours des années 1960 à la faveur des réformes qui ont marqué l’éducation et la culture, elle ne se développe véritablement qu’à partir des années 1970 avec le renforcement de l’édition scolaire et l’apparition des maisons d’édition qui modèlent encore aujourd’hui le paysage littéraire du Québec.

Avec ses 1 200 écrivains membres de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), ses 200 librairies agréées et sa centaine d’éditeurs agréés répartis sur l’ensemble du territoire, l’industrie du livre propose une production riche et diversifiée (entre 4 000 et 4 500 livres par année) qui occupe aujourd’hui, tous secteurs confondus, plus de 40% du marché local.

Source : © Gouvernement du Québec, 2007

Le discours est essentiellement affairiste. On y dit que «L’édition de livres est la plus ancienne des industries culturelles québécoises» et on en parle en termes de «production» et de «marché local». Le mot «littérature» est absent du panorama que dresse notre ministère du secteur du livre et de la lecture.

De plus, ce discours porte atteinte au travail des pionniers de l’édition québécoise, ceux qui ont édité Émile Nelligan, Louis Fréchette, Saint-Denys Garneau,…, bref tous ces écrivains et éditeurs d’avant les années 60; le site souligne que l’édition est devenue une industrie au Québec au cours des années soixante, sans plus.

Notons aussi que le ministère mentionne une seule association d’auteurs, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ). On donne ainsi une fausse image de la vitalité de la vie littéraire associative du Québec en passant sous silence les nombreuses associations régionales d’auteurs. Contexte industriel oblige, le ministère parle uniquement des éditeurs et des libraires agréés par lui et balaie sous le tapis tout le secteur de l’édition à compte d’auteur.

Sous l’onglet «Droits d’auteur», le ministère réfère les visiteurs à l’Union des Écrivaines et des Écrivains québécois (UNEQ) et à l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD), sans aucune autre explication. Ces deux références laissent croire aux visiteurs que les droits d’auteur au Québec relève de ces deux associations. Or, le secteur des droits d’auteurs au Québec, comme dans les autres provinces canadiennes, est sous la responsabilité du gouvernement du Canada. Si l’UNEQ joue bien son rôle en renvoyant les visiteurs de son site Internet au gouvernement du Canada, ce n’est pas le cas du gouvernement du Québec, même s’il aborde le livre et la lecture uniquement sous l’angle administratif et industriel.

Il en va de même sur le site du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et celui de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) avec qui le ministère partage sa responsabilité.

En France, le ministère de la culture et de la communication fait beaucoup mieux sur son site Internet en y réservant, par exemple, une page d’information bien documentée pour les nouveaux auteurs. L’internaute y trouve les réponses aux questions suivantes : Comment protéger votre œuvre ? Qu’est-ce que le droit de copie ? Comment faire éditer votre œuvre ? Pouvez-vous bénéficier d’aides, de bourses…? Le tout complété avec une liste des adresses utiles et une bibliographie. Il en va de même pour les éditeurs et les libraires.

L’Internet littéraire et la culture québécoise encore et toujours sans portail

De plus, le ministère français de la culture et de la communication a vite démontré sa compréhension de l’importance de l’Internet dans le domaine culturel en mettant en ligne un portail dédié à la culture dont la section «Livres et littérature» permet, entre autres, de découvrir des auteurs français. Aucun portail culturel n’existe au Québec. On trouve sur le portail français des liens vers une multitude de sites Internet liés au livre et à la littérature, dont cette liste de sites par thèmes :

  • Annuaires, portails
  • Littérature en ligne
  • Littérature, hypertexte et ordinateurs
  • Exemples de création littéraire sur Internet
  • Organismes nationaux et régionaux
  • Maisons d’édition (littérature)
  • Publications
  • Manifestations et émissions de TV
  • Recherches sur la littérature
  • Listes de diffusion
  • Associations
  • Histoire du livre
  • Livres anciens
  • Catalogues et/ou vente d’ouvrages en ligne
  • Vente en ligne d’ouvrages numérisés
  • Livre électronique
  • Distribution du livre et Librairies
  • Formation – Enseignement – Métiers
  • Écrivains
  • Littérature par genre
  • Prix littéraires

La seule lecture de cette liste démontre jusqu’à point la section «Livres et littérature» de ce portail culturel du gouvernement français tient compte de la nouvelle réalité de l’Internet. Aucun des thèmes suivants est abordé par le ministère québécois de la culture et des communications sur son site Internet : «Littérature en ligne», «Littérature, hypertexte et ordinateurs», «Exemples de création littéraire sur Internet», «Vente en ligne d’ouvrages numérisés» et «Livre électronique». Le gouvernement du Québec est à des années lumière de la nouvelle réalité du monde du livre sur Internet.

Notez que le gouvernement du Canada a déjà son portail culturel avec une section Écriture. Malheureusement, l’internaute ne peut pas s’y fier, notamment à la section «Écriture», sous section «Québec» puisque cette dernière liste seulement 14 sites Internet québécois alors qu’il y en a quelques centaines sinon plus d’un millier dans ce domaine. Il se peut que le gouvernement du Canada ne reconnaisse pas les autres sites littéraires québécois comme étant des «liens culturels de qualité». Ainsi, il y aurait au Québec seulement deux salons du livre dignes de mention selon le portail culturel du Canada, celui de l’Outaouais et celui de Montréal. Il ne faut pas que l’internaute oublie qu’il se trouve sur un portail sélectif. Autrement, il croira que seulement deux régions du Québec organisent leur salon du livre. Et n’oublions pas que cette fausse image du monde québécois du livre sur le portail culturel canadien est en partie financée par les contribuables du Québec.

Il est urgent de combler le besoin d’un portail culturel entièrement québécois afin s’assurer un juste reflet de notre réalité. Et la clientèle est déjà là puisque 32% des Québécois soutiennent utiliser l’Internet pour s’informer au sujet d’événements culturels (voir référence ci-dessus). Les données de ce recueil de statistiques démontrent aussi que la population est largement en avance sur son gouvernement en matière d’Internet.

Le gouvernement du Québec fait mal paraître la littérature québécoise dans son portail international

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Voici ce que le gouvernement du Québec dit aux étrangers sur son Portail international au sujet de notre littérature :

Littérature

Survol

La littérature québécoise est relativement jeune. Vers la moitié du 19e siècle, on voit apparaître les premiers écrits québécois. Ces derniers s’inscrivaient dans un courant nationaliste dépeignant une société rurale, axée sur la famille, la terre et la religion. Parmi les romans du terroir on trouve Menaud, maître-draveur (1937) de Félix – Antoine Savard, Le Survenant (1945) de Germaine Guèvremont et Trente arpents (1938) de Louis Ringuet (pseudonyme de Philippe Panneton).

Cette tendance se maintient jusqu’à la Seconde Guerre mondiale où, durant l’après-guerre, on remarque une préférence pour les romans de mœurs urbaines. Cette littérature d’observation, réaliste et contestataire, compte parmi ses grands titres Les Plouffe (1948) de Roger Lemelin.

C’est en 1960, avec la Révolution tranquille, que l’industrie de la littérature québécoise commence à se doter de véritables structures. Sortant de la période dite de « grande noirceur », les écrivains québécois revendiquent leur identité culturelle. C’est le foisonnement de nouveaux auteurs. Aujourd’hui, au Québec, il se publie environ 4 000 titres par année.

Source : © Gouvernement du Québec, 2007

C’est tout ! Seulement trois paragraphes. Notre gouvernement est à mille lieues du texte équivalent sur le site «Programmes d’information internationale» du Département d’État des États-Unis, qui compte pas moins de DIX CHAPITRES illustrés, un glossaire et une bibliographie :

http://usinfo.state.gov/products/pubs/oal/oaltoc.htm

Le Département d’état américain présente aussi une section en français intitulée «Le paysage multiculturel de la littérature contemporaine américaine»:

http://usinfo.state.gov/journals/itsv/0200/ijsf/ijsf0200.htm

Il ajoute une liste des sites clés traitant de la littérature américaine :

http://usinfo.state.gov/products/pubs/oal/amlitweb.htm

une liste d’éditeurs :

http://archive.museophile.sbu.ac.uk/publishers/

un lien vers le site du prix Pulitzer :

http://www.pulitzer.org/

et un lien vers le site des agents littéraires américains :

http://www.writers.net/agents.php

Mais limitons notre comparaison à la présentation de la littérature américaine par le gouvernement des USA et celui du Québec qui nous fait passer pour des moins que rien avec ses deux paragraphes!

Dans sa présentation, le Département d’état américain remonte jusqu’en 1776 avec un premier chapitre intitulé Early American and Colonial Period to 1776. Celle du gouvernement du Québec soutient qu’«on ne voit apparaître les premiers écrits québécois» que «vers la moitié du 19esiècle», comme si aucun Québécois n’avait su écrire de 1534 à 1850. Quelle aberration de la part de notre gouvernement! Car «on sait par Bougainville qu’un cercle littéraire existait à Québec en 1757». C’est du moins ce qu’on peut lire sur le site Internet du collège anglophone montréalais Marianopolis qui offre sur son site Internet l’intégral du «Manuel d’histoire de la Littérature canadienne de langue française» de Mgr Camille ROY publié en 1939. Le collège présente sur son site la vingt-et-unième édition de ce livre, datant de 1962. Et le collège se donne même la peine de préciser que «le Manuel de Camille Roy ne faisait pas l’unanimité». Il nous présente donc une Analyse critique de l’Histoire de la littérature canadienne de Mgr Camille Roy signée par Albert Pelletier sous le titre «Compte-rendu du Manuel de l’histoire de la littérature canadienne-française», parue dans Égrappage (Montréal, Éditions Albert Lévesque, 1933, 234p., pp. 93-102).

Ironie du sort, ce site anglophone est le tout premier référé par le moteur de recherche Google avec les mots-clés «histoire de la littérature québécoise» :

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L’encyclopédie en ligne Wikipédia nous apprend que «c’est Philippe Aubert de Gaspé, fils, qui aura l’honneur d’écrire et de faire publier le premier roman québécois, en 1837». Le gouvernement du Québec le passe sous silence, tout comme :

Louis-Joseph Papineau, Patrice Lacombe, François-Xavier Garneau, Octave Crémazie, Philippe Aubert de Gaspé, père, Philippe Aubert de Gaspé, fils, Pamphile Lemay, Louis Fréchette, Eudore Évanturel, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, Laure Conan, Arthur Buies, Honoré Beaugrand, Edmond de Nevers, Nérée Beauchemin, William Chapman, Émile Nelligan, Camille Roy, Louis Hémon, Victor Barbeau, Lionel Groulx, Jean-Charles Harvey, Hector de St-Denys Garneau, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Paul Morin, Jean-Aubert Loranger, Robert Choquette, Alfred Desrochers, Clément Marchand, Albert Laberge, Blanche Lamontagne-Beauregard, Claude-Henri Grignon, Alain Grandbois, Henriette Dessaulles, Harry Bernard, Damase Potvin, Albert Dreux, Albert Ferland, René Chopin, Gonzalve Desaulniers, Lionel Léveillé, Adélard Dugré et plusieurs autres.

Pour le gouvernement du Québec, le premier livre québécois à citer dans la présentation de notre littérature aux étrangers est un roman publié en 1937, Menaud, maître-draveur de Félix Antoine Savard. Est-ce un juste reflet de la réalité à présenter aux étrangers? NON!

Le gouvernement du Québec renvoie les étrangers à Bibliothèque et Archives nationales du Québec pour «accéder aux richesses du patrimoine documentaire québécois et universel.» La moindre des choses serait d’orienter le visiteur en lui donnant un lien Internet direct vers la présentation de notre littérature, compte tenu de l’immensité du site de notre bibliothèque nationale. Or, on ne trouve aucun lien sous le nom «Histoire de la littérature» avec le moteur de recherche du site de notre bibliothèque nationale. Ce dernier nous renvoie plutôt à 112 pages web différentes avec les mots «histoire», «de», «la» et «littérature».

Premier résultat livré par le moteur de recherche du site Internet de notre bibliothèque nationale avec les mots-clés «Histoire de la littérature»

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© Gouvernement du Québec, 2007

Si on précise notre recherche en ajoutant «québécoise» («Histoire de la littérature québécoise»), cette fois, c’est à 66 pages web que nous réfère le moteur de recherche du site de notre bibliothèque nationale et toujours aucun de ces liens ne correspond à «Histoire de la littérature québécoise».

Dans les deux cas, j’ai soupçonné que le lien Édition québécoise pouvait nous conduire à une présentation de notre littérature. Mais ce n’est pas le cas. On y traite davantage d’édition et d’imprimerie que de notre littérature. Bref, on est encore loin, très loin d’une présentation à la hauteur de notre littérature et aussi formelle que celle offerte par le département d’état américain sur son site Internet.

Enfin, je me demande comment notre gouvernement peut être fier de sa contribution à l’adoption de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles par l’U.N.E.S.C.O. alors qu’il néglige la présentation de notre littérature et de notre culture en général sur ses propres sites Internet. Quand on se bat pour la protection de la diversité culturelle et des cultures nationales, ne doit-on pas commencer par exposer sa propre culture sans aucune économie de mots et d’espace, notamment là où cela est le moins dispendieux, c’est-à-dire sur Internet.

En ce 4 juillet, fête nationale des États-Unis d’Amérique, on se souviendra que cette Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles nous était souvent présentée, entre autres, comme la meilleure défense contre «l’impérialisme culturel américain». Certes, mais on ne peut pas reprocher au gouvernement des USA de réduire la présentation de la littérature américaine à deux simples paragraphes sur son site internent international!

Suivi de presse sur Internet

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – QUOTIDIEN LE SOLEIL

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – UNEQ

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – QUÉBEC-FRANÇAIS

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – PSSSST!

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Les Cowboys Fringants

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Forum Christophe Esperado

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – RedTram

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Le réseau des médias alternatifs

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Societas Criticus

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Newsgroup fr.rec.arts.litterature

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – France 3.fr

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Le libraire

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Les septiques du Québec

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Québec Politique

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – La Tribu du Verbe

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Centre des médias alternatifs QC

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Le Plateau

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Le VM

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Spectable

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Le lézard FORUM

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Soc.Culture.Québec

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Actualité défiscalisation

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Forum Les Cowboys fringants

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Journal de Rosemont

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Le courrier Ahuntsic

L’Internet littéraire québécois, une vraie honte! – Progrès Villeray

* * *

À l’époque, cette étude aura un impact certain sur les intervenants québécois dans le domaine de la littérature et de l’industrie du livre.

Je n’ai pas vérifié la situation actuelle de l’Internet littéraire québécois.

* * *

Télécharger notre Revue de presse (PDF)

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

Courriel : serge-andre-guay@manuscritdepot.com

Téléphone (Lévis, Québec, Canada) : 418-903-1911

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Publié dans Souvenir de presse
One comment on “Les colonnes du temple ébranlées
  1. […] On ne peut pas espérer développer de nouvelles clientèles et fidéliser davantage la clientèle actuelle sans une présence accrue de chaque titre québécois sur Internet. L’Internet littéraire québécois est toujours en piteux état même si j’ai tenté d’ébranler les colonnes du temple en 2007. […]

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